miércoles, 4 de mayo de 2011

Pour un parti politique appelé « Mouvement du 20 février »

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Les militants et sympathisants marocains à l’étranger sont en train d’élaborer un texte appelant à la formation d’un véritable parti politique émanant du mouvement du 20 février. Voici le texte en cours d’amendement.
1) Les droits humains et liberté de presse: Espoir volé.
Après des années de plomb, de totalitarisme assumé et imposé par la force des répressions sanguinaires sous Hassan II et ses exécutants Basri et consorts, l’avènement du nouveau monarque a suscité l’espoir pour de nombreux citoyens. Avec l’Instance équité et justice, s’ouvrait au Maroc la promesse d’une nouvelle ère de justice et de responsabilité. Cependant force est de constater après quelques années que le bilan est globalement négatif. En effet, au lieu de cela nous avons connu de nouvelles vagues d’arrestations, l’instrumentalisation de la peur de l’islamisme, la torture et les traitements dégradants des suspects de terrorisme. Nous avons cru avoir inauguré une nouvelle ère de liberté mais la vérité est tout autre: censure et harcèlement judiciaire qui a provoqué la disparition d’une bonne partie de la presse indépendante, réduit au silence ou contraint à l’exil beaucoup de ses voix les plus fortes.
2) Lutte contre l’économie sauvage: un vœu vain.
Parmi les diverses promesses du nouveau monarque, la transparence économique mais la réalité dément chiffre à l’appui cette illusion: prédation économique menée par des groupes de pression et des intérêts privés. Le taux de chômage reste résolument en hausse, les couches sociales défavorisées sont réduites à néant et la classe moyenne a rejoint la pauvreté des autres. Seule objectif de la nouvelle orientation l’encouragement et le renforcement de la classe affairiste réduite aux mains des grandes familles base de légitimation économique de la monarchie marocaine.
3) Une situation politique malsaine
Le Maroc a espéré commencer avec l’alternance, accueillant partis d’opposition et dissidents politiques dans une ère nouvelle de démocratie ouverte, ère des arrangements techniques qui a, certes, ramené le pays à une certaine normalité politique, mais celle-ci a aussitôt été mise à mal par des commissions ad hoc. Le dernier en date de ces « nouveaux » stratagèmes politiques est un parti résolument royaliste qui pourrait à court terme accroître le pouvoir de la monarchie, mais qui, en l’impliquant toujours plus dans l’arène des querelles politiques au jour le jour, sape lui-même la légitimité que tous lui reconnaissaient encore récemment.
Pour conclure :  « beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que les espoirs et les promesses, l’esprit même du nouveau règne ont été abandonnés. Cela est dû au fait que ces espoirs et promesses n’ont pas été inscrits dans un processus participatif de constitutionnalisation et d’institutionnalisation qui eût été la seule façon de les rendre permanents et irréversibles. Au lieu de cela, ils ont été, une fois encore, laissés à la discrétion du pouvoir. La monarchie ne s’est pas engagée dans un nouveau contrat viable avec le peuple» comme l’a explicité Hicham Ben Abdellah.
Le monde change, le vent souffle et il peut nous porter loin. Mais, pour cela, nous devons enfin reprendre l’initiative et ne plus subir. Ne plus subir le totalitarisme, son discours et son agenda. Ne plus subir l’air du temps, la dictature de l’opinion et des médias. Ne plus subir les évolutions imposées par nos adversaires comme une fatalité insurmontable. Ne plus subir le temps comme un agent érosif de nos valeurs. Le vent souffle. Il nous portera loin si nous orientons les voiles dans le bon sens.
Le Maroc que nous voulons
Nul ne peut raisonnablement nier l’existence manifeste d’un vaste et persistant mécontentement dans de larges couches de la population. Il est peu probable que les expressions de ce mécontentement disparaissent d’elles-mêmes. Dans tous les cas, nous militons pour maintenir la flamme du changement allumée en insistant sur la nécessité de l’absence de confrontation violente et de revendications radicales pour ancrer le mouvement dans la durée, légitimer la protestation et inciter d’autres concitoyens à s’y engager.
Pour exprimer ce ras le bol généralisé, un mouvement d’un nouveau genre est né, à la différence d’autres mouvements de la région dite « arabe », les manifestations marocaines avaient pour premier objectif la réforme radicale de la monarchie et non son renversement.
En effet, dimanche 20 février 2011, des milliers de Marocains de l’intérieur comme de l’extérieur, se sont joints à la vague de changement balayant le sud de la méditerranée. Les citoyens de diverses sensibilités politiques et sociales ont manifesté sur la base des revendications exprimées dans le communiqué fondateur : remplacer l’exercice arbitraire et absolu du pouvoir par une démocratie véritable et ouverte, mettre un terme à la corruption et au clientélisme qui étouffent la vie économique, affirmer le droit des citoyens à être traités avec dignité et respect et à pouvoir mener, eux et leurs familles, une vie décente.
Nous nous affirmons comme de nouveaux acteurs qui faisons notre entrée sur la scène politique et que nous n’avons pas l’intention de la quitter.
Par notre implication dans ce mouvement en tant que citoyens marocains de l’étranger, nous adressons un avertissement au régime Marocain: le changement doit s’opérer et il s’opérera, mais il ne sera plus instauré du sommet vers le bas. Le commandant de bord a désormais un copilote, le peuple marocain, et celui-ci ne s’endormira pas aux commandes.
Nous, Marocains de l’étranger, restons attachés à notre entière citoyenneté et participons au processus du changement comme nous avons participé au maintien économique de nos familles d’origine et par conséquent de notre pays entier.
Nous refusons la logique qui veut nous réduire à une simple vache à lait à traire, sujets du roi, mais nous nous considérons CITOYENS à part entière et facteur, et acteurs, entre autres, du développement soutenable du Maroc. Refusons d’être des chiffres de devises mais acceptons le devoir de citoyenneté qui est le nôtre.
Nous sommes solidaires du mouvement du 20 février, de ses revendications et nous nous inscrivons dans cette large tendance et cet élan du changement suscité par les contestations diverses de notre peuple. Nous nous reconnaissons pleinement dans l’analyse faite de la situation et les revendications exprimées.
Décidons de nous constituer en mouvement politique en appui à l’intérieur, porteur de propositions et force d’opposition. Nous agirons dans les institutions comme dans la rue auprès du mouvement social pour infléchir les politiques publiques de nos dirigeants.
Rani Ayad, pour le Mouvement du 20 février en France

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